Écrivain et graphiste installé dans l’Aude, Philippe Dupayage puise son inspiration dans les paysages, les villages et la mémoire des territoires.
À travers ses romans, il explore ce qui se dissimule derrière les apparences : les traces laissées par le passé, les secrets enfouis, les rencontres qui bouleversent une existence et ces phénomènes que la science ne parvient pas encore totalement à expliquer.
Son écriture mêle suspense, émotion, enquête et regard cinématographique, avec une attention particulière portée aux lieux, aux êtres et à ce qu’ils conservent de leur histoire.
Il est notamment l’auteur d’Une seconde de silence et de La Maison de Sainte-Marie-la-Mer. Avec la saga Les Territoires Invisibles, Philippe Dupayage développe un univers littéraire singulier, à la frontière du réel et de l’inexpliqué, où la science, la mémoire et le mystère se rencontrent pour interroger ce que nous savons du monde… et ce qui nous échappe encore.
Une vie d'images
Né à Vimy en 1959, Philippe Dupayage a construit son parcours à la croisée de la communication, de l’image, de la création audiovisuelle et de l’écriture.
Après avoir débuté sa carrière à La Poste, il s’oriente progressivement vers les métiers de la communication, notamment au sein de la Direction du Courrier à Paris, où il travaille sur des projets mêlant information, conception visuelle et communication institutionnelle.
À partir de 1997, il développe une activité dans la communication, le conseil et la création de contenus. Il fonde notamment Postimedia, La Douzième Vague et DouzeFrance, autour de la production audiovisuelle, de l’image et de la valorisation des territoires.
De 2009 à 2019, il poursuit son parcours au Rectorat de Montpellier dans les domaines de la communication, du conseil et de l’image, avant de prendre sa retraite.
Son parcours est également marqué par un engagement dans la vie publique locale : élu à Gisors en 2000, puis premier adjoint au maire de Mérial de 2020 à 2026.
Il contribue bénévolement, sans rémunération au titre de ses fonctions associatives, aux projets culturels de La Douzième Vague, l’association qui porte DouzeFrance.
Aujourd’hui retraité, il poursuit un travail d’auteur, et de créateur d’univers visuels, au croisement de la mémoire, des territoires, de l’image et de l’écriture.
"J'écris la mémoire invisible du monde"
Après une carrière de scénariste et réalisateur, Philippe Dupayage conserve dans son écriture une approche très visuelle du récit.
Ses romans sont souvent conçus comme des films sur papier : les décors, les silences, les regards et les paysages y occupent une place aussi importante que les personnages.
Ses textes mêlent roman, suspense, mémoire des lieux, science et interrogation sur le réel.
Il développe notamment l'univers littéraire Les Territoires Invisibles, dans lequel les paysages de l’Aude, de la Méditerranée ou de l’Auvergne ne constituent pas de simples décors mais deviennent de véritables personnages.
Parmi ses ouvrages figurent notamment :
- Une seconde de silence, premier volet de la trilogie Les Territoires Invisibles
- L’Invention de Poséidon, deuxième volet de la trilogie ;
- Le Kanac, troisième volet en préparation ;
ainsi que La Maison de Sainte-Marie-la-Mer et plusieurs projets consacrés aux contes, aux légendes et à la mémoire des territoires.
DouzeFrance
Le Champ Plié : quand la fiction rencontre la science
À l’origine de la saga Les Territoires Invisibles, il y a un concept que j’ai appelé le Champ Plié. Plutôt que d’en faire un exposé théorique complexe, j’ai choisi le roman pour le rendre intelligible au plus grand nombre.
Une seconde de silence, L’Invention de Poséidon puis Le Kanac en explorent progressivement les conséquences à travers des personnages, des territoires et des histoires humaines.
L’idée du Champ Plié est assez simple : et si la distance n’était pas la seule manière de mesurer ce qui sépare deux choses ?Deux lieux peuvent être éloignés de plusieurs centaines de kilomètres mais présenter, à un instant donné, des caractéristiques physiques comparables. Dans le Champ Plié, cette combinaison constitue une signature relationnelle. Si deux signatures deviennent suffisamment proches, leur distance géographique reste identique, mais leur « distance relationnelle » pourrait diminuer jusqu’à permettre une très brève fenêtre de couplage.
C’est le principe sur lequel repose la machine POSÉIDON : elle ne transporte pas un objet d’un point A vers un point B et ne creuse pas un tunnel dans l’espace. Elle recherche les conditions dans lesquelles A et B pourraient momentanément devenir autrement voisins.
Cette construction appartient à la fiction. Mais une étonnante résonance apparaît aujourd’hui avec des travaux rendus publics en 2026 par Victor Logvinovich et Jean-Claude Perez. Les deux chercheurs explorent un modèle mathématique dans lequel le vide ne serait pas un simple espace passif : il posséderait une architecture profonde susceptible de participer aux propriétés de la matière.
Leurs propositions vont beaucoup plus loin et restent à distinguer de la physique expérimentalement établie. Elles ne démontrent pas le Champ Plié, dont elles sont totalement indépendantes. Mais la proximité de certaines interrogations est fascinante : dans les deux cas apparaît l’idée que l’espace pourrait être davantage qu'un décor et que sa structure pourrait jouer un rôle dans ce que nous appelons la réalité.
Le Champ Plié franchit alors volontairement la frontière de la science actuelle pour poser une autre question : si la structure de l’espace participe aux propriétés de la matière, pourrait-elle également participer aux relations entre des lieux ?C’est là que commence véritablement Les Territoires Invisibles.
Et c’est aussi pourquoi l’eau, les grottes, la Méditerranée et les territoires occupent une telle place dans la saga. Le lieu ne conserverait pas nécessairement le souvenir de ce qui s’y est produit, mais peut-être quelque chose de son organisation, de sa signature.
Le Champ Plié est le concept. Les Territoires Invisibles sont les romans que j’ai choisis pour le rendre sensible et intelligible.
Avec, derrière toute la saga, une seule question :Et si ce qui sépare deux endroits était moins important que ce qui les relie ?